Devenir totalement autonome, un rêve réalisable ? (partie1)

Devenir totalement autonome, un rêve réalisable ? (partie1)

100% autonome?

Qui n’a jamais rêvé de tout plaquer pour vivre heureux dans la nature ? D’abandonner sur un coup de tête boulot et vie stressante pour recommencer une vie plus zen loin de tout ? De reprendre le contrôle de son existence ? De se nourrir sainement en utilisant avec parcimonie les ressources locales ? De maîtriser ses dépenses et cesser de martyriser la planète ? De développer ses compétences ? De se soigner avec les plantes, naturellement ? Etc.

Pour nombre d’entre nous cet idéal, qui nous accompagne dans les moments difficiles, reste malheureusement un rêve inaccessible. Entravé par des contraintes familiales, professionnelles, financières… L’inconnu titille mais fait peur. Pourtant, l’aventure de l’autonomie, bien préparée, peut être une réussite et l’occasion de se réconcilier avec les lois de la vie. Par où commencer ?

1 Vivre avec la nature : se nourrir

Pour le paysan philosophe Pierre Rabhi, ‘jardiner est un acte politique’. Le premier besoin fondamental de l’homme est de se nourrir. L’ampleur de notre dépendance à l’alimentation industrielle est telle qu’en cas d’arrêt des transports, les villes seraient en pénurie très rapidement (moins d’une semaine). Je vous laisse imaginer les problèmes alors.

Vivre en autonomie, c’est connaître et utiliser les ressources locales, savoir jardiner et conserver notre production. C’est, pour aller vers cette ‘sobriété heureuse’ réjouissante prônée par ce maître à penser de l’agriculture écologique, n’utiliser que ce dont nous avons besoin et arrêter avec cette frénésie commerciale qui pille notre planète, menace son équilibre et les générations futures.

Vivre en autonomie, c’est vivre en harmonie avec la nature en utilisant ses ressources avec mesure mais c’est aussi avec les autres en pratiquant les échanges, le troc… dans une logique d’équilibre et non d’autarcie.

 

plante comestible
plante comestible- ail des ours

Les plantes et fleurs sauvages comestibles

Si en Asie orientale les fleurs sont présentes dans l’alimentation quotidienne, en France on ne les trouve que dans les grands restaurants (et encore pour leur aspect ornemental), à un repas de décroissants ou encore d’adeptes de l’alimentation paléo.

/ Cueillette…

C’est dommage car les plantes sauvages sont pleines de vertus culinaires et médicinales. A condition de respecter quelques règles pour leur cueillette. La plus importante, être certain que la plante ou la fleur sauvage est comestible. S’il en existe peu de mortelles (aconitum napellus – ou tue-loup, reine des poisons ou casque du diable -, belladone, chèvrefeuille, colchique, ellebore blanc, grande-ciguë, gui, laurier-rose, muguet, ricin, lierre…), certaines provoquent nombre de désagréments en raison de leur toxicité : airelle rouge, arum d’Italie, berce de mantegazzi, boule de neige, buis, concombre sauvage, cytise, datura stromonium, fougère mâle, fusain, glycine, if, marronnier d’Inde, narcisse, pied d’alouette, renoncule, rhododendron, thuya, troêne, etc.

Autres règles pour la cueillette de plantes sauvages : évitez les lieux pollués (bords de route, jardins non bio…) et fréquentés par les chiens (renards ?), privilégiez les jeunes pousses (plus tendres) et les belles plantes, ramassez les fleurs lorsqu’elles sont à peine ouvertes… Ensuite, nettoyez-les minutieusement avec de l’eau vinaigrée.

/ Conservation et séchage…

Si vous ne consommez pas les plantes fraîches, il faut les faire sécher. Plusieurs solutions : la tête en bas par bouquets dans un lieu aéré et sec mais pas en plein soleil, sur une claie ou un radiateur, avec un déshydratateur, dans le four à une température inférieure à 40°C.

Les plantes doivent être conservées entières dans des sacs en papier ou des bocaux fermés à l’abri du soleil. Ne les réduisez en poudre qu’au moment où vous en avez besoin (oxydation).

/ Liste, non exhaustive, de plantes comestibles…

Si les plantes comestibles sauvages sont nombreuses, elles n’ont pas toutes la chance d’avoir un goût délicat et parfumé. Parmi mes préférées : ail des ours (en pesto, beurre d’escargot), nombril de vénus (juste délicieux en salade), achillée millefeuilles, alliaire, benoite urbaine, ortie (en soupe ou en cake), jeunes pousses de primevère, consoude, plantain (cuit comme les épinards), trèfle, lierre terrestre, gaillet gratteron, silène, oseille sauvage, mâche sauvage, égopode, sève de bouleau, jeunes pousses de renouée du Japon (comme les asperges), mouron blanc, rosette de lampsane…

Et pour les fleurs (en salades gourmandes et esthétiques) : absinthe, arbre de Judée, berce commune, bourrache officinale, coquelicot, églantier, lavande officinale, marguerite, pâquerette, pissenlit, primevère, reine des prés, robinier faux-acacia, rose trémière, sauge des prés, trèfle, violette odorante, etc.