Vous rêvez de devenir trappeur

Vous rêvez de devenir trappeur

Vivre comme un trappeur

J’entends souvent au détour d’une conversation des gens déclarer, si je pouvais,  je quitterai tout et j’irai vivre dans la nature ! Cela reste très souvent une vague intention, pourtant quelques courageux tentent cette expérience, et parmi ceux-la, certains choisissent de devenir trappeurs pour quelques mois, quelques années ou à tout jamais.

En France il est assez difficile de pouvoir s’extraire complètement de la société, en vivant dans une forêt assez giboyeuse pour survivre toute l’année. Cela reste possible si vous possédez une chasse privée, mais ne parlons pas des exceptions. Voilà pourquoi la plupart des candidats tentent leur chance dans les grands espaces vierges du Canada, des États-Unis, du Brésil ou même de la Russie.

Mais attention ne pensez pas qu’il suffit de débarquer avec son sac à dos, un arc et des raquettes pour devenir trappeur. Vous devrez avoir une concession de trappe (ou ligne de trappe), difficile à obtenir si vous n’êtes pas résident du pays. Au Québec ce sera un permis de piègeage annuel pour commencer à devenir coureur des bois !

Seul mais jamais seul

C’est une activité solitaire mais qui demande un grand sens de la solidarité. Les rares occupants de ces immenses espaces naturels savent que la solidarité est essentielle. Chacun a un savoir-faire unique, qui, un jour ou l’autre, permettra de rendre service ou de sauver son voisin le plus proche, même si celui ci est à deux jours de marche.

Construire sa cabane, couper du bois, chasser, cuisiner, s’orienter, connaître les prédateurs, faire de la mécanique, avoir des notions de base de médecine, la vie de trappeur n’est pas de tout repos. Chaque jour il est nécessaire de travailler, de survivre. Seulement le rythme n’est pas celui imposé par la société urbaine.

À vous de savoir ce que vous êtes capables de supporter, fuir la ville en pensant que tout est calme et reposant dans la vie en Alaska ou dans le Yukon est un fantasme. Le stress peut être également présent (panne de moto-neige, danger d’une rencontre avec des prédateurs, blessure, désorientation, froid extrême…)

Cette vie est rude, solitaire, faite pour ceux qui aiment se retrouver seuls, se dépasser. Elle est parfaitement adaptée au touche-à-tout rigoureux qui n’ont pas peur de devenir autonomes.

250 000 piégeurs occasionnels et professionnels en Amérique du nord

Seulement 10% des piégeurs environ, sont des trappeurs professionnels qui vivent toute l’année de cette activité. Les castors, les ratons laveurs, les rats musqués, les loups, les coyotes représentent le plus gros de la chasse et des peaux vendues. Cette activité décroit depuis 1950 passant de 65 millions de dollars /an à moins de 20 millions l’année dernière. Sachez qu’une peau de loup vaut 100$ c’est ça la réalité du marché, ce qui a coûté la vie officiellement à 6000 loups en 20 ans…

loup
loup

Cela reste souvent un moyen de chasser pour manger du gibier et de compléter son revenu annuel en revendant la fourrure. Il est contestable de laisser chasser des espèces protégées comme l’ours, le loup, le lynx mais chaque état possède sa propre réglementation. Chasser pour se nourrir est bien différent de trapper avec des pièges souvent cruels qui peuvent mutiler les animaux et piéger indifféremment espèces autorisées et protégées.